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La 6ème Extinction × Elisabeth Kolbert

elisabeth kolbert

« La 6ème extinction, comment l’homme détruit la vie » n’est pas un titre très joyeux ni rassurant, on vous le concède, mais évoque avec perfection l’œuvre documentaire d’Elisabeth Kolbert. Le titre ainsi que la 1ère de couverture donnent le ton à cette démonstration poignante que nous livre l’auteure, détentrice du prix Pulitzer 2015.

Cette journaliste du New-York times part à la rencontre de scientifiques, aux quatre coins de notre belle planète, afin de comprendre les mécanismes qui conduisent les espèces à disparaitre. Elle accompagne ces hommes et ces femmes dans des contrées reculées et partage, le temps d’un chapitre, leur combat pour la sauvegarde de notre patrimoine naturel.

L’œuvre met en avant le rôle joué par l’homme dans la destruction de la faune et de la flore. La 6ème extinction de masse est en marche ! Sans être moralisatrice, Elisabeth nous livre, avec justesse et précision, un état des lieux de la situation actuelle.

De la disparition du mastodonte, à celle de la grenouille dorée du Panama en passant par l’annihilation progressive de certaines espèces végétales ou aquatiques, ce livre, qui se lit comme un conte, nous plonge dans notre dure réalité. L’auteure nous raconte, par exemple, comment les déplacements de populations ont engendré la propagation d’un microchampignon tueur de chauve-souris.

« L’hécatombe chez les chauves-souris continua l’hiver suivant, gagnant cinq Etats supplémentaires. Elle se poursuivit l’hiver d’après, touchant cinq autres Etats, et bien qu’en de nombreux endroits il ne reste à ce jour pratiquement plus de chauve-souris, le carnage continue de progresser. »

S’appuyant sur des faits scientifiques, on est loin de tomber dans le pathos, le poussiéreux ou l’ennuyeux. Page après page, on sent tout de même monter en nous un certain sentiment d’indignation, d’impuissance mais aussi d’espoir.

En effet, les scientifiques, qui se donnent corps et âmes pour sauver cette nature sauvage, nous redonnent le sourire. Ils sont touchants de sincérité, de courage et d’espérance. Elisabeth s’attache à les personnifier, à décrire leurs croyances, leurs personnalités. Le message ne s’en trouve que plus amplifié !

« Je fus touché par le dévouement de cette équipe, mue par un sentiment de responsabilité identique à celui qui avait amené leurs pairs panaméens à installer les grenouilles à l’hôtel, puis les avait poussés à construire le Centre de conservation des amphibiens et à le faire fonctionner, … »

En somme, ce bouquin est à mettre entre toutes les mains (jeunes ou moins jeunes) ; que vous soyez passionnés de luttes endiablés ou écologistes du dimanche. Dans tous les cas, on sort changé de cette expérience littéraire.

La 6ème Extinction de Elisabeth Kolbert – La librairie Vuibert – Août 2015

 

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