cassandra todd robinson

Cassandra × Todd Robinson

cassandra-robinson« Cassandra », premier roman de Todd Robinson, est une œuvre caustique, violente et drôle qui joue avec les codes du roman policier mais également avec nos nerfs de lecteur civilisé. Boo et Junior sont deux videurs de boite de nuit à Boston. Inséparables depuis leur rencontre à l’orphelinat, ils se complaisent dans leur routine bien huilée d’armoire à glace. Pourtant, un soir, ils sont contactés par Big John Conelly, le puissant procureur de la ville qui leur propose de retrouver sa fille, Cassandra, en échange d’un bon paquet de fric.

La fugue de cette jeune adolescente compliquée vire rapidement au cauchemar pour les deux acolytes. Cette enquête les entrainera dans les bas-fonds de la ville de Boston ou se côtoient drogués, flics ripoux, psychopathes notoires et gros bonnet de la mafia. Rien ni personne n’est jamais tout noir ou tout blanc. C’est d’ailleurs ce qui rend ce romain si réaliste et poignant.
Cette affaire qui n’était à la base qu’une histoire d’argent, se transforme en devoir moral, surtout pour Boo, qui en fait une histoire personnelle. La psychologie des deux compères est mise en exergue tout au long du roman. Boo est bagarreur, juste et protecteur. Junior, quant à lui, est un homme violent, fidèle et pragmatique. On s’attache volontiers à ces ours mal léchés qui évoluent dans la vie comme des éléphants dans un magasin de porcelaine.
Notons aussi que le côté glauque de l’intrigue est joliment compensé par un humour, parfois subtil, parfois grossier qui fait mouche !

Je m’allongeais sur le lit et sentis un craquement dans une des peluches. Ça fait longtemps que je n’ai plus de doudou, mais je n’avais pas le souvenir que les peluches craquaient, de mon temps.

-Alors les génies, vous n’avez rien trouvé ? Barnes était appuyé au chambranle, l’air content de lui. Je n’avais pas envie de tripoter les peluches sous ses yeux. Il me dévisagea.

-Si vous avez besoin d’une sieste, faites-la plutôt chez vous. Junior éternua très fort dans sa main.

Le bruit ressemblait beaucoup à Sucemabite, mais je peux m’être trompé.

En résumé, on adore ce premier opus décomplexé qui nous scotche au canapé (ou tout dépend du lieu où vous préférez dévorer vos bouquins préférés). On attend avec impatience le second roman qui sera très certainement à la hauteur de « Cassandra ». On gage en tous cas que le choix de ce titre soit annonciateur de bonnes prophéties.

Cassandra de Todd Robinson – Gallmeister – Août 2015

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