Pétronille × Amélie Nothomb

amélie nothomb“Pétronille”, 23ème roman d’Amélie Nothomb est une œuvre personnelle quasiment autobiographique qui ne m’a malheureusement pas transportée ni touchée. Entre réalité et fiction, l’auteure nous relate sa rencontre puis sa relation avec une certaine Pétronille Fanto, supportrice inconditionnelle des œuvres d’Amélie Nothomb. Ces deux femmes vont faire connaissance au cours d’une séance de dédicaces, lorsque Pétronille reconduit un paparazzi insistant vers la sortie. Sous le charme, Madame Nothomb décide de faire de cette femme enfant qui ressemble fortement à un garçon, sa compagne de beuverie.

Débute alors une amitié entre l’écrivain à succès et celle en devenir, amitié qui va s’étendre sur plusieurs années et dans des lieux différents. On suit les pérégrinations des deux compères à travers leur voyage à Londres, au sein d’une station de ski mais surtout à Paris. Ces dernières se retrouvent traditionnellement autour d’une bouteille (ou plus) de champagne, boisson qui semble être apparemment le péché mignon d’Amélie Nothomb.

Ce conte autobiographique est court, trop court même. L’auteure ne va pas au fond des choses. On survole l’histoire, les lieux et les sensations. On ne s’attache pas à Pétronille, qui semble être finalement quelqu’un de colérique (surtout lorsqu’elle se met à boire) et de borderline. On a la forte impression que l’amitié entre les deux écrivains est superficielle et ce, malgré les efforts de l’auteure pour nous montrer ô combien elles ne peuvent se passer l’une de l’autre.

On a également l’impression que ce roman n’a pas de but particulier, que le message est flou voir vain. De plus, cette ode aux bulles pétillantes de qualité m’a mise mal à l’aise. Dans un monde où la majorité des écrivains ne peuvent pas vivre de leurs écrits, le contraste entre les moyens financiers de l’auteure de « stupeurs et tremblements » et ceux de « Pétro », essayiste accomplie mais sans le sous est saisissant.

En définitive, le style d’Amélie Nothomb est toujours aussi fluide et riche mais ne porte pas cette histoire. Tout comme Amélie est passée à côté de Londres, je suis véritablement passée à côté de ce livre. Ayant aimé certaines œuvres phares de l’auteure, c’est donc déçue que j’ai refermé ce roman. Notons tout de même, que dans les dernières pages du récit, peu révélatrices du reste cela dit, on retrouve la folie caractéristique de Nothomb. Malheureusement, trop tardivement…

Pétronille d’Amélie Nothomb – Albin Michel – Août 2014

 

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