Dernier appel pour les vivants

Dernier appel pour les vivants × Peter Farris

Dans « Dernier appel pour les vivants » Peter Farris, écrivain et accessoirement ancien chanteur d’un groupe de rock, nous entraine dans un univers noir et sans pitié où la violence est le pain quotidien de certains hommes. Trash, bouleversant et sanglant, ce roman est un diamant brut, une perle du genre neonoir. Hématophobes et âmes sensibles s’abstenir…

Dernier appel pour les vivantsCharlie, jeune étudiant mordu de fusées, travaille dans une banque afin de payer ses études. Un samedi matin, à l’ouverture, un étrange personnage pénètre dans le hall, bien décidé à ne pas en repartir les mains vides. Cet ex-taulard, tatoué et bodybuildé portant le doux nom d’Hicklin, est un homme qui n’a vraiment pas froid aux yeux et n’hésite pas une seule seconde à descendre la Responsable de Charlie.

Commence alors pour Hicklin et son otage, une cavale dangereuse et haletante. Poursuivi par tous les flics de la ville dont Tommy Lang, un inspecteur chevronné et abimé par la vie, Hicklin tente de se terrer dans une vieille bicoque au beau milieu de la forêt. C’était sans compter sur le fait que notre violent nazi double sa fraternité aryenne. On comprend donc que ses anciens copains de prison ne soient pas enchantés de cette trahison et viennent se mêler à cette danse macabre.

Caustique et puissant, le lecteur est, lui aussi, pris en otage. Assistant à des scènes de viols, de meurtres, de violences plus ou moins gratuites, nous sommes les témoins du pire. Ces Hommes qui sont prêts à tout pour arriver à leurs fins révèlent la misère de certains destins brisés. Pourtant, au milieu de toute cette agressivité, on découvre la sensibilité et les failles de nos gros bras ; comme la lumière au bout du tunnel. On se rappelle que malgré toute la noirceur que portent en eux ces personnages dérangés, ils n’en sont pas moins des hommes dans toute leur complexité. On arrive même à s’attacher au bourreau, lui trouvant des circonstances atténuantes dans son sombre passé. Tenter de se racheter après tant d’années pourrait bien être la clé de la rédemption…

L’intrigue est à tomber, Peter Farris n’est jamais dans l’excès d’hémoglobine et la richesse du récit nous force à dévorer ce livre d’une traite. Un vrai régal pour l’imaginaire ! « Dernier appel pour les vivants » porte très bien son nom et nous transporte dans une réalité crasseuse et poisseuse qui ne laissera personne indifférent. Une vraie belle réussite du genre !

Dernier appel pour les vivants de Peter Farris – Editions Gallmeister – octobre 2015 

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