Mille femmes blanches x Jim Fergus

Alors que « la vengeance des mères » de Jim Fergus venait de sortir en librairie, j’ai découvert l’existence du premier opus et roman de cet auteur, « Mille femmes blanches », que j’ai savouré comme une bonne tarte au citron meringuée. Cette puissante histoire inspirée de la venue du Cheyenne Little Wolf à Washington DC dans les années 1800, retrace la vie aventureuse d’un personnage inventé de toute pièce, celui de Mary Dodd. Sous forme de carnets intimes, nous entrons dans son monde et dans sa tête. Une tardive mais belle découverte.

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Alors que les colons se sont installés en Amérique et agrandissent progressivement leur territoire, les différentes communautés indiennes voient leurs terres réduites et souffrirent de ce brusque mélange de culture. C’est dans ce contexte que les Cheyennes, conduit par leur chef Little Wolf, vont alors faire une drôle de proposition au président Grant : échanger 1000 chevaux contre 1000 femmes blanches et ainsi sceller un pacte d’amitié entre le peuple indien et le Grand père blanc.

Des femmes en âge de procréer sont alors sélectionnées pour tenter cette inimaginable aventure. Des volontaires, des prisonnières, des illuminées ou des femmes enfermées contre leur gré ; toutes ont un point en commun : elles vont devoir sauter dans l’inconnu et ramener ces soit disant sauvages à la civilisation. C’est alors que le lecteur va vivre une incroyable histoire à travers les yeux de May, femme courage, intelligente et tolérante qui rejoint la communauté indienne en tant qu’épouse du grand chef. Accompagnée par d’autres personnages marquants et touchants tels que Martha, l’amie fidèle, les sœurs Kelly, deux frangines insolentes et friponnes ou encore Phemie, ancienne esclave noire au caractère bien trempé, notre héroïne va vivre une expérience hors du commun. Une aventure ou les préjugés s’effritent au profit de l’amour, l’amitié et de la découverte de l’autre.

Ce livre est certes une critique acerbe du colonialisme et de l’extinction progressive de tout un peuple mais également une ode à l’amour. On est subjugué par ce bel apprentissage, parfois violent, ainsi que par ce message de tolérance et de paix. Tout au long du roman, on voit les différents personnages évoluer et faire tomber les masques, on découvre des paysages magnifiques et une façon de vivre qui donnerait à beaucoup l’envie de tout quitter. On se demande même si ce ne sont pas les indiens qui, finalement, avaient tout compris.

Ce roman est bien écrit, poétique et fait du bien. On suit le combat de ces femmes et de ces hommes qui se sont battus pour faire reconnaître les droits des indiens, chacun à sa façon. L’ensemble est une grande réussite qui nous donne matière à réfléchir, à se remettre en question. Même si cette œuvre n’est pas réelle, elle se rapproche d’une vérité dure à dire et nous transporte dans un monde, pas si lointain, qui fascine.

Mille femmes blanches aux Éditions Pocket – 2000

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