Station Eleven x Emily St. John Mandel

Un roman pré et post-apocalyptique qui plaira aux fans et petits nouveaux du genre ? « Station Eleven » n’est pas seulement l’histoire des survivants d’une violente pandémie, c’est aussi et surtout, le passé et le présent de personnages singuliers aux destins entrelacés qui évoluent dans un environnement devenu sombre et plus hostile encore que l’ancien monde. Cette œuvre littéraire d’Emily St John Mandel est étonnante, déconnectée et poétique. Une découverte agréable et décomplexée, sans zombis ni vampires radioactifs, qui semble tout à fait réaliste.

Station-Eleven

Alors qu’une (très) grosse épidémie de grippe a décimé la majorité de la population terrestre, une compagnie de théâtre itinérante composée d’acteurs et de musiciens en tout genre, voyage à travers le pays afin d’apporter espoir et chaleur aux survivants. C’est dans cette troupe de compagnons d’infortunes que se trouve la jeune Kirsten, une femme de caractère forgée par un passé tragique, comme celui de beaucoup d’autres. Point de départ d’une aventure qui commence avec Shakespeare et s’effeuille au fur et à mesure du temps, Kirsten va faire la connaissance d’hommes de confiance, d’hommes saccagés et d’hommes avec qui elle se trouve étrangement liée.

Cette aventure ne nous laisse pas de répit et nous donne du fil à retordre. A coup de gigantesques bonds générationnels, l’auteure égraine doucement mais surement, toutes les pièces du puzzle. On finit par comprendre les interactions entre les différents personnages, le fond de l’histoire et l’explication de ce titre peu évocateur.

Le style est au service d’un récit qui nous donne à penser, comme (presque) toujours, que l’enfer c’est les autres. Pas de supers héros pour changer les choses, inverser la donne ou sauver les demoiselles en détresse. Pas non plus de gros gaillards aux capacités improbables ni de dénouement rocambolesque. Rien que ce qui pourrait réellement se passer dans un monde sans électricité où la seule source d’informations provient de voyageurs souvent mal intentionnés.

En conclusion, comme dans un bon épisode de The Walking Dead ou de LOST, on apprend à connaître nos héros ordinaires à coup de flash-back intempestifs et on se rend compte que, finalement, le plus flippant dans l’apocalypse ce sont soit nos propres voisins, soit des barges qui n’attendaient que ça ou encore de faux messies déclarés et tyranniques. Une belle histoire de vies et de destins brisés par l’amertume, la tromperie, la mort et la maladie. A découvrir au plus vite aux Editions Payot et Rivages.

Station Eleven aux Éditions Payot et Rivages – 2016

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