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Le Grand Meaulnes x Alain-Fournier

Alors que je viens de terminer « Le Grand Meaulnes » d’Alain-Fournier, je souhaitais vous donner mon avis mitigé sur ce roman chevaleresque qui semble traverser les époques et les âges sans sourciller. Alors que ma cure des incontournables se poursuit, je suis peut-être passée à côté de cette ode à l’amitié, à l’amour, le vrai, et à la fidélité.

Le Grand Meaulnes

François Seurel, narrateur de l’histoire mais personnage secondaire du roman, vit une vie tranquille d’adolescent dans un bourg sans histoires. Fils unique d’un père professeur et d’une mère protectrice, il a 15 ans lorsque débute le roman. C’est la venue du jeune Augustin Meaulnes AKA Le « Grand Meaulnes » qui va bouleverser le destin de notre conteur. S’installe immédiatement une amitié fraternelle entre les deux compères qui partagent plus que des secrets. Alors que l’un est impressionnable, l’autre brille par son caractère de meneur et son aura naturelle.

L’histoire du roman commence réellement par une froide nuit d’hiver où Augustin, se retrouve perdu dans un étrange château au beau milieu d’une célébration candide et irréelle. Pris dans un tourbillon mélodieux d’émotions, il tombe éperdument amoureux d’une jeune fille un peu pommée qu’il fera tout pour retrouver…

J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Tout comme François, j’ai finalement observé la scène de loin sans jamais vraiment en faire partie. Même si la fin est plutôt poétique et a véritablement retenue mon attention, je n’ai pas réussi à adhérer au caractère des personnages et à comprendre leurs prises de décisions. Ainsi, les derniers chapitres ne compensent pas totalement mon impression générale.

Plus particulièrement, je trouve que notre narrateur vit sa vie par procuration. D’abord spectateur des rêves du Grand Meaulnes, il sacrifiera son avenir par fidélité fraternelle mal placée. Sans vouloir trop en dévoiler, François sera tel Lancelot, relégué au rang de cinquième roue du carrosse. Et c’est énervant de voir les personnages gâcher leur vie et la vie de ceux qui les entourent par altruisme ou redevabilité !

En définitive, je comprends que ce roman soit un monument car le style de l’auteur est soigné, fluide et les mots, toujours élégamment choisis. Pour autant, je n’en garderai pas un souvenir impérissable. Sans être embarquée dans cet univers, je constate tout de même que la symbolique y est forte et qu’il fait écho à de nombreux dilemmes que le lecteur peut lui aussi rencontrer.

Le Grand Meaulnes aux Éditions Classiques de Poche 

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