Les Hauts de Hurle-vent x Emily Brontë

Depuis plusieurs années, j’avais envie de découvrir une œuvre mythique et dont la réputation n’est plus à faire : « Les Hauts de Hurle-vent » d’Emily Brontë. Unique roman de cette autrice morte de la tuberculose à l’âge de 28 ans, le récit nous transporte dans les landes anglaises au cœur d’une famille recluse et déchirée.

Petit résumé rapide pour ceux qui vivent comme les personnages de ce roman :  Papa Earnshaw revient de voyage avec un bien étrange cadeau. Dans sa valise se trouve un petit garçon abandonné prénommé Heathcliff (faut suivre car la généalogie n’est pas simple au départ). Ses enfants, Catherine et Hindley, habitués à être chouchoutés et jamais vraiment bousculés, vont avoir du mal à accepter ce curieux bambin, taciturne et orphelin. Alors que notre belle Catherine finira par se lier profondément d’amitié avec la pièce rapportée ; son frère, quant à lui, n’aura de cesse que de le tourmenter. Grandissant dans une ambiance pesante, venteuse et pleine de rancœur, nos 3 destins vont s’entremêler, se torturer et se venger. Des tourments destructeurs gâtant un tableau qui aurait pu être la vision d’une belle clairière ensoleillée.

Commençons par la chose qui m’a le plus marquée… Les personnages sont détestables à souhait. Les hommes sont pour la plupart méprisants, cruels ou lâches. Les femmes, hautaines et niaises. Et aucun ne se remet jamais en question. Finalement, seuls deux d’entre eux ont l’air d’avoir un tant soit peu de jugeotte. On a le sentiment qu’ils méritent vraiment ce qui leur arrive. Il est même parfois frustrant et énervant de constater à quel point les choix qui sont faits, sont quasiment toujours les mauvais.

De fait, j’ai beaucoup râlé en lisant ce livre (ce n’est pas toujours mauvais signe, ça prouve qu’il véhicule et procure des émotions). Je comprends pourquoi tant de gens l’ont apprécié et continuent de l’apprécier. On se retrouve dans un univers clos et froid. A la manière d’un polar de Sir. Arthur Conan Doyle, on est plongé dans un paysage marquant où on ne s’étonnerait pas de voir débarquer un gros chien noir aux yeux rouges. De plus, l’autrice ne s’embarrasse pas d’une pluralité de lieux, de détails inutiles, de considération d’époque ou de longues descriptions. Les sentiments de ses personnages sont véritables au centre du récit. Le reste n’est qu’habillage.

Je suis donc contente de l’avoir enfin lu car j’aime les romans noirs, qui impliquent rancœur et Machiavélisme. C’est d’ailleurs ce qui fait du Comte de Monte-Cristo, l’un de mes livres préférés. Et puis, c’est un classique fichtrement bien écrit qui traverse les siècles sans une égratignure en gardant pertinence et panache. Mes respects Madame Brontë.

Les Hauts de Hurle-vent –  Editions Le livre de Poche

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