Téléréalité x Aurélien Bellanger

Dans Téléréalité, Aurélien Bellanger, écrivain et chroniqueur radio, met en lumière l’histoire de la télé avec pour personnage central Sébastien Bittereau, un ambitieux drômois à la conquête de Paris. Un roman nostalgique et documenté par un passionné qui vous rappellera des souvenirs télévisuels plus ou moins bons. Qui se souvient de Loana et Jean-Edouard dans la piscine ? Ou encore de cette émission un peu potache rassemblant des personnalités françaises et rediffusant des moments gênants de leurs premières années à l’écran ?

« Et au milieu de tous, la figure ancestrale de l’effeuilleuse : la désormais mythique Loana. À peine créée, la téléréalité nous a offert grâce à elle l’équivalent de La naissance de Vénus de Botticelli : la beauté pure, sortie de sa petite piscine, et livrée, entière et nue, au scalpel de nos yeux. Je pense sérieusement, oui, qu’avec la scène de la piscine, avec sa rencontre aquatique avec le vaseux Jean-Edouard, tu as offert à la télévision l’œuvre d’art qui lui manquait. Cette scène, on le l’oubliera jamais. »

Basé sur la réelle ascension de Stéphane Courbit, magnat discret des médias et précurseur dans le domaine de l’audiovisuel, ce roman dépeint la vie de Sébastien, un comptable fasciné par la télé qui fera ses premiers pas dans ce milieu, un peu par hasard, aux côtés de figures célèbres du petit écran telles que Christophe Dechavanne ou Arthur (qui dispose d’un nom d’emprunt dans le roman). Au culot et avec un sens du business développé, notre « héros » des temps modernes va se faire une place parmi les puissants et se construire un empire en une vingtaine d’années seulement.

Un livre qui se veut percutant, caustique, révélateur; peuplé de références à des émissions et des présentateurs des années 80 et 90. Un peu trop jeune pour me sentir touchée par la première moitié du roman qui situe l’action dans une temporalité « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », je suis également restée de marbre face au personnage peu attachant de Sébastien et à son histoire. J’ai l’impression d’avoir suivi un bon documentaire concentré d’anecdotes acerbes et dénonciatrices sans avoir la sensation d’avoir adhérer au cynisme parfois trop bien camouflé du récit – Pourtant j’adore ça d’habitude.

Critique ou fascination ? Mon cœur balance. J’aurais sans doute aimé que le parti pris soit plus fort.

Sure qu’il pourra faire davantage écho à certains curieux, je n’ai pas passé un moment désagréable en compagnie de cet ouvrage mais mes souvenirs de cette histoire sont déjà en train de s’effacer. Disons que ça ne fait pas de mal à la culture générale. Si ça peut permettre d’obtenir un petit camembert au trivial poursuit, c’est déjà ça ! 

Téléréalité –  Editions Gallimard – 2021

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