Tragédie à l’Everest x Jon Krakauer

 « En mars 1996, le magazine Outside m’envoya au Népal pour participer à une ascension de l’Everest et en faire le récit. Je faisais partie d’un groupe de huit clients conduits par un guide réputé, originaire de Nouvelle-Zélande, Rob Hall. Le 10 mai, j’atteignis le sommet, mais le prix en fut terrible. »

Ainsi, débute l’œuvre de Jon Kraukauer, écrivain, alpiniste américain émérite et survivant. Le décor est planté. Tragédie à l’Everest est avant tout le récit d’une ascension longue et douloureuse. Le manque d’oxygène, la dangerosité de la montagne, les caprices de la météo ou encore les maladies d’altitudes sont autant d’inconnues à considérer lorsque l’on veut se frotter au toit du monde (8848 mètres pour rappel). Poussant certains à renoncer, et vouant d’autres à une mort certaine, l’Everest continue de tuer chaque année.  

Ce témoignage brosse également le portrait d’hommes et de femmes passionnés, prêts aux plus grands sacrifices pour arriver au sommet. Des clients et des guides certes, mais également des sherpas, sans qui ces ascensions de plus en plus prisées par le grand public seraient mission impossible.  

Cherchant à nous livrer sa vérité, Jon oscille entre faits et sentiments, donnant corps au récit. Comme pour se reconstruire après cette tragédie, il cherche à reconstituer méthodiquement et consciencieusement les étapes de ce périple.

Rythmé et bien écrit, j’ai apprécié être complétement immergé dans l’histoire très personnelle de l’auteur. Les thématiques abordées telles que la souffrance, le dépassement de soi mais aussi l’entraide, sont traitées avec brio.  

Et si la souffrance endurée permettait une plus grande appréciation de la victoire ? Questionnement qui fait écho à de nombreuses autres pratiques, sportives ou non, et qui inspire à la réflexion. En bref, un livre qui m’a marqué, tant par ma volonté d’en savoir plus sur l’univers de l’alpinisme et les dérives que nous connaissons aujourd’hui (pollution, embouteillages au sommet, argent) que par la qualité rédactionnelle de l’auteur.

Un bon départ donc pour découvrir un monde qui fait beaucoup parler de lui et qui fait voyager en terres himalayennes.

Tragédie à l’Everest –  Editions 10/18 – 1997

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